Innovations chez les bâtisseurs des ouvrages d’art du COS

Sur la trace de la future A355, les ouvrages d’art fleurissent sous la houlette du conducteur de travaux Nicolas Semmer et du maître compagnon Thierry Casas. Le duo a initié quelques innovations techniques et sécuritaires.

La particularité du chantier du Contournement Ouest de Strasbourg réside dans sa densité d’ouvrages d’art. Au-delà de la section couverte et des deux viaducs, une cinquantaine d’édifices permettent de passer par-dessus ou par-dessous l’autoroute comme de franchir dix cours d’eau. Ainsi les voitures mais aussi la faune, les piétons, les vélos et les engins agricoles circuleront en toute sécurité.

Début août 2020, près de 80% des ouvrages étaient achevés. « Nous avons démarré l’activité dans la partie centrale du chantier, située entre les deux viaducs, en janvier 2019 », explique Nicolas Semmer. « La plus grosse concentration s’y trouve avec 25 ouvrages d’art courants. Tous sont aujourd’hui achevés ou en cours de construction. » Son compère Thierry Casas précise : « L’enjeu était pour nous d’être très efficaces sur cette partie centrale afin de réaliser les rétablissements de route rapidement afin d’impacter le moins possible la circulation des usagers et qu’ils retrouvent leurs itinéraires de déplacements habituels.» L’attente des riverains est réelle car on compte parfois entre 15 000 et 18 000 véhicules par jour circulant sur les routes départementales et métropolitaines dont le chantier impacte le flux. « Lorsque l’environnement ne se prête pas à la mise en place de déviations, nous mettons le plus de moyens possibles pour que les coupures d’axes routiers soient réduites au maximum », assure le maître compagnon.

 Trouvailles techniques

À hauteur d’Ittenheim, il est possible d’observer sur quelques centaines de mètres l’ensemble des ouvrages d’art possibles : le premier fait passer la RN4 au-dessus de l’autoroute, puis un passage spécifique « hamster » qui passe également au-dessus de l’autoroute, un passage inférieur pour  un ouvrage hydraulique permettant l’écoulement du Musaubach, un autre supérieur pour la RD228 menant à Hurtigheim et, enfin, un autre passage pour la grande faune.

Deux grands types d’ouvrages existent : les hydrauliques, au nombre de cinq dans la partie centrale du chantier, sont des passages inférieurs, c’est-à-dire que l’autoroute passe par-dessus. Les contraintes techniques sont grandes. Les murs des ouvrages sont imposants. Ils font appel à des techniques variées. Les passages supérieurs, qui enjambent l’autoroute, sont au nombre de 20 et la conception est identique pour tous. En conséquence, les outils pour les réaliser sont les mêmes. « Nous avons profité d’innovations antérieures compilées dans les retours d’expérience de cinq autres grands chantiers, notamment avec la technique dite des poutres encastrées. Elles ne sont plus posées sur appuis, mais le tablier se réalise directement dans les pieds-droits soutenant le tout. Avec cette technique, on élimine les tâches dangereuses lors de la construction et on gagne du temps ! Nous avons ensuite imaginé l’évolution d’après : entre les poutres vient habituellement une face coffrante extrêmement lourde, des plaques découpées pesant entre 120 et 140 kg. Nous avons développé des outils en trois parties qui font 20 kg maximum et fonctionnent en système de ciseaux permettant de coffrer tout l’intérieur des poutres. » Une seule journée est nécessaire pour coffrer et une autre pour décoffrer.

Cette avancée technique offre un gain très important en termes de sécurité, de qualité et de productivité. Et de conclure : « Pour les compagnons sur le chantier ces avancées sont très appréciées. Tellement plus facile qu’avant ! D’autres chantiers en profiteront ultérieurement car cela viendra nourrir les plans de méthodes des retours d’expérience qui serviront de bible de modèles et de techniques pour de futurs chantiers. »

Retrouvez le reportage complet dans le magazine Liaison(s) du mois de septembre !