Comment piloter le planning général du chantier de l’A355 ?

Directeur adjoint du Sous-Groupement Infrastructure, Stéphane Carrer pilote le planning général du chantier de l’A355. Interview avec ce gardien du bon tempo.

Votre bureau fait face à un impressionnant planning dit « chemin de fer » couvrant le mur. Tout y est ? C’est notre feuille de route. 

Les deux dernières années, je pilotais surtout mon sous-groupement qui était en pleine activité pour faire sortir de terre l’infrastructure. Maintenant, les autres entrent en piste : le sous-groupement en charge des chaussées qui va s’occuper des enrobés, des dispositifs de retenue et des signalisations verticale et horizontale et également le sous-groupement en charge des équipements dynamiques (matériels de surveillance vidéo, panneaux à messages variables, signaux d’affectation de voie, réseau d’appel d’urgence…). Les enjeux sont de leur libérer en temps et en heure les zones de travaux sur le linéaire du tracé afin qu’ils puissent intervenir le mieux possible.

À quelle fréquence évolue-t-il ?

Nous tirons le fil rouge de ce planning à une date précise, une fois par mois : nous regardons l’état exact d’avancement par parties d’ouvrages pour voir notre avance ou notre retard. Mais surtout de combien ! En fonction, nous cherchons des solutions pour les compenser, comprendre d’où ils viennent afin de trouver les moyens à mettre en œuvre afin de réajuster et de respecter nos délais.

Vous avez aussi la main sur le budget, ça ne fait pas trop de pression sur les épaules ?

Je gère avec mon équipe le planning général du projet, les embauches et les moyens à allouer. Je suis pour cela en lien avec un responsable par corps d’activité : terrassement, ouvrage d’art et assainissement. J’ai déjà été directeur de travaux sur quatre projets avant celui-ci et je mesure donc la pression mais elle est partagée avec nos supérieurs et le comité de direction. Si on sent qu’elle est trop forte, il ne faut surtout pas s’enfermer dans l’isolement mais demander de l’aide. C’est un travail d’équipe, il faut compter dessus.

Quelle est la clé de la réussite dans cette gestion des hommes et du flux tendu de besoins ?

Être droit dans ses bottes, aller au-devant des problèmes potentiels, être un soutien sans être omniprésent. Responsabiliser chacun sur les tâches qui lui incombent et ses objectifs. On ne peut plus être dans le management directif et descendant des années 1960-70. J’ai l’habitude de dire que notre métier demande 20% de technique et 80% d’humain. Il faut savoir aller chercher le meilleur de chacun et surtout accompagner tous les collaborateurs dans leur quotidien. La clé de la réussite est là !